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28 février 2010

Le jeûne chrétien

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Les 2 premières messes du Carême (Mercredi des Cendres et 1er Dimanche de Carême) évoquent le jeûne : la manière de jeûner selon l’enseignement de Jésus dans l’évangile de Matthieu (« toi, quand tu jeûnes … » (Mt 6, 16-18)), et le jeûne de 40 jours de Jésus lui-même après son baptême (Lc 4, 1-13).

Mais le sens du jeûne est donné par Jésus dans un autre évangile, celui qui rapporte une discussion à propos des disciples de Jean-Baptiste et des Pharisiens, qui jeûnent, alors que les disciples de Jésus, eux, ne jeûnent pas (Mc 2, 18-20). Jésus demande alors : « les invités de la noce peuvent-ils jeûner lorsque l’Epoux est avec eux ? ». Il nous faut comprendre que lorsque l’Epoux n’est pas là, on jeûne, mais quand il est là, on ne jeûne pas. Le jeûne évoque les noces, une image en est donnée par le prophète Joël, qui est lu aussi le Mercredi des Cendres : « que le jeune époux sorte de sa maison, que la jeune mariée quitte sa chambre » (Jl 2, 16) : le jeûne de nourriture rappelle le jeûne « conjugal » qui précède la nuit de noces.


 

Pour nous, chrétiens de l’an 2010, l’Epoux, le Christ, est-il là ? Nous savons bien qu’il est là lorsque deux ou trois sont réunis en son nom, qu’il est présent dans l’Eucharistie, etc. Mais pendant le Carême, on se prépare à célébrer sa Pâque, c’est-à-dire sa Passion et sa Résurrection. Le Vendredi Saint, il nous sera enlevé. Puis il reviendra en apportant le salut. Dans cette attente (celle de la fête de la Résurrection, et celle de la venue glorieuse du Christ à la fin des temps), nous pouvons jeûner, car si nous l’attendons, c’est qu’il n’est pas encore là, pas de manière définitive. Le jeûne creuse notre attente, il augmente notre désir, et en même temps il nous purifie en nous aidant à faire toute la place nécessaire en nous pour que nous sachions vraiment l’accueillir lorsqu’il arrivera. La fête de Pâques sera vraiment l’irruption du salut dans notre vie, dans la mesure où nous aurons attendu, aussi avec notre corps.

Notre jeûne doit unifier toute notre personne, notre corps et notre esprit, en évitant tout formalisme, et tout orgueil, qui ruinerait sa valeur. Le seul motif du jeûne, c’est l’amour : l’amour de Dieu qui est la source de notre vie, l’amour du prochain qui vérifie notre amour de Dieu.

Pour comprendre ce qu’apporte le jeûne, il est éclairant de regarder Jésus qui jeûne au désert : il ne mangea rien durant quarante jours, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim. C’est vrai : quand on jeûne, on a faim ! et on se rend facilement compte qu’on est affaibli, physiquement, et même intellectuellement. Quel intérêt ? Si le Carême est le temps privilégié du combat spirituel, comme Jésus nous le montre en combattant le démon, avons-nous intérêt à être plutôt forts, ou plutôt faibles ? S’il s’agissait d’un combat physique ou intellectuel, il vaudrait mieux être fort. Mais dans le combat spirituel, on constate facilement que nos forces humaines ne sont pas très efficaces : combien de fois avons-nous décidé fermement de ne plus pécher, de ne plus succomber à telle tentation ? Et combien de fois avons-nous réussi, par nos seules forces ? Il faut se rendre à l’évidence : nous ne pouvons pas compter sur nous-mêmes. Voilà justement ce que nous apprend le jeûne : nous ne sommes pas tout-puissants, nous sommes plutôt très dépendants. La faim nous rappelle la dépendance à la nourriture en particulier, mais elle nous fait prendre conscience d’une dépendance encore plus grande envers Dieu, qui est la source de notre vie. Cette dépendance est bonne, mais il s’agit de ne pas l’oublier. Lorsque nous sommes faibles, nous acceptons plus facilement l’aide d’un autre. St Paul se permet d’écrire « lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » : car dans notre faiblesse, la force de Dieu, la seule vraie force spirituelle, peut s’exercer plus facilement, nous ne lui mettons pas l’obstacle de notre orgueil. Le jeûne est un bon remède contre l’orgueil. Et il suffit d’essayer, pour constater que les combats spirituels que nous avons tant de mal à mener avec nos forces humaines, deviennent des victoires lorsque nous laissons de côté nos forces, pour ne compter que sur l’aide de Dieu. Il semble même que nous n’avons plus à nous battre : effectivement, c’est Dieu qui combat pour nous, et qui a la victoire pour nous. Nous n’avons donc même plus de mérite à en espérer, ce qui nous protège de l’orgueil. Car l’orgueil est le plus dangereux des péchés. Est orgueilleux, celui qui est plein de lui-même. Au contraire, celui qui se vide de lui-même, qui se détache de lui-même, ressemble à Jésus au désert : tellement vide de lui-même, il était seulement « rempli de l’Esprit Saint », et de sa bouche ne sortait que la Parole de Dieu, qui lui permit d’être victorieux du démon.

Que notre jeûne nous permette de nous vider de nous-mêmes, de nous remplir seulement de l’Esprit Saint et de la Parole de Dieu nourrissante, pour que nous puissions accueillir pleinement le Sauveur qui vient à Pâques.

23:09 Écrit par Paroisse Webmestre dans Méditation de la semaine | Lien permanent |  Imprimer | |  Facebook

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