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29 décembre 2009

Des nouvelles du Népal

La famille Aguettant nous écrit depuis ce petit pays de l'Himalaya, au nord de l'Inde, qu'est le Népal.
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"Un pays que les habitants de nombreuses régions d'Asie disent SACRE: sacrées les montagnes, sacrés les torrents et rivières, sacrés les arbres ; nombreuses sont les divinités aux confins de l'hindouisme et du pays ou naquit Bouddha. Mais le sacré le plus proche, le plus quotidien est celui du salut que chaque Népalais vous adresse en s'inclinant et en joignant les deux mains : NAMASTE, une salutation qui prend le temps d'un sourire et d'un regard et fait reconnaître en chacun la présence de la divinité.


Pour descendre de là ou j'habite jusqu'au pont de la rivière qui coupe la ville en deux, il faut accepter de découvrir des mondes qu'on ne peut imaginer depuis l'Occident : une rue étroite où cars, camions, motos très nombreuses et rapides, bicyclettes et piétons se croisent en ondulant au gré de l'espace disponible devant soi, dans la poussière et la fumée. Des murs en brique surmontés de barbelés encerclent un quartier militaire, plus loin un petit jardin et quelques fleurs ornent un petit temple, attendant l'hommage d'un passant. Maintenant de petites échoppes, serrées les unes contre les autres, ont levé leur rideau de fer, si l'on s'y arrète, le temps aussi, car l'achat proprement dit sera vite largement débordé par les abondantes paroles, la curiosité des regards, le bonheur de la rencontre.

Voici maintenant une grande artèrela circulation est intense, panneaux publicitaires immenses côtoyant les artisans du fer, du zinc, du bois et des tissus ; les visages croisés vous apparaissent d'abord comme étranges car on n'y lit aucune expression ; cependant le regard est droit, les yeux noirs, profonds, surprennent, ils expriment une curiosité intense. C'est le temps premier de la rencontre : l'interrogation réciproque, puis vient le salut : NAMASTE qui étonnamment éclaire et mobilise le visage, un sourire des yeux et des lèvres, enfin les sons qu'on ne peut comprendre ; peu importe, ils ajoutent de la vie à la joie de cette rencontre gratuite .

La vie ordinaire du Népalais évolue sur le plan économique à un niveau très inférieur à celui de la France : dans une fourchette de 50 à 100Jumla-Rara-Simikot DEC 2009 268.JPG fois plus bas selon que l'on se trouve en ville ou dans les villages reculés de montagne. A titre d'exemple, hier matin j'achetai deux gros pains et un litre de crème pour la famille pour à peu près 4 euros (en ville, nourriture pour étrangers). Mais en montagne le diner copieux de riz et de lentilles avec quelques épices (le DALBAT), le couchage rudimentaire, le tout arrosé de thé reviendront à 200 bath, soit environ 2 euros.

Le pays n'est pas autosuffisant en riz. Il est approvisionné par le programme alimentaire mondial. Les carburants en provenance de l'Inde sont l'objet de restrictions aux mains des politiques qui gouvernent, ou bien des maoïstes qui organisent des grèves. Malgré une vraie tradition de dialogues constants entre les partis, le pays souffre de manque de structures nationales et régionales et les compromis, influences et rackets sont monnaie courante.

A cela s'ajoute une organisation sociale qui s'est superposée aux ethnies d'origine (les Newar), directement importée de l'Inde et dont les Bramins se sont progressivement attribués les fonctions administratives et politiques. Tout cela n'empêche pas une forte spécificité de chacune des ethnies très attachées à leur coutumes : prières, processions, offrandes... Leurs membres restent liés entre eux familialement en référence à leur village d'origine, même si les nécessités les ont obligés à descendre de leur montagne vers la capitale ou même à s'expatrier.

Terminons cette évocation d'une terra incognita par quelques aperçus de la Montagne, non pas celle des exploits au dessus de 5000 mètres,mais celle située entre 2000 et 4000 m, celle des hauts villages, vivant de leurs cultures et de leur élevage.

Cette montagne parcourue seulement à pied, par les hommes, les ânes et les mulets, les chèvres en troupeau par centaines, cette montagne est d'une dimension inattendue et impressionnante. Elle est comme le temps d'ici, extensible au lendemain, et bien plus immense et longue à parcourir que le laissent prévoir nos cartes d'état-major : on y évalue les distances en jours de marche, et pour vous rapprocher de la réalité, vous pouvez doubler le compte si c'est un Népalais qui vous dit la durée !

Tout est extrême dans ces paysages, la profondeur des ravins jusqu'au torrent, la hauteur des passes (cols), la verticalité des parois ; cependant le chemin a été construit avec grand soin, par des générations de marcheurs et de bâtisseurs qui l'ont monté en lauzes plates, marche après marche, dans les passages les plus délicats et d'une façon à ce qu'il soit le plus sûr et le plus praticable pour les troupeaux et les hommes qui s'y croisent.

Dans ces régions du nord est du Népal, la végétation passe du tropical au désert glacé, du bananier et du cactus aux pins alpestres dont les fûts immensément droits sont une source inépuisable pour le foyer domestique. Entre les deux une végétation foisonnante, nourrie par les moussons de l'été, mélange feuillus et conifères où se cachent les singes à tête blanche. Ce monde étrange et rude est aussi protection et nourriture pour l'homme qui peut y goûter la beauté, la diversité des espèces et le silence de la nature, affinant sans qu'il le sache son être intérieur : NAMASTE."
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16:08 Écrit par Paroisse Webmestre dans Les Saint-Genois dans le monde | Lien permanent |  Imprimer | |  Facebook

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